INHIBITION, SYMPTÔME ET
ANGOISSE
Nous
tenons pour tout à fait normal que la fille de quatre ans pleure douloureusement
quand une de ses poupées se casse, qu'elle pleure à six ans quand la maîtresse
lui fait une réprimande, à seize ans quand son bien-aimé ne se soucie pas
d'elle, à vingt-cinq ans peut-être quand elle enterre un enfant. Chacune de ces
conditions de douleur a son temps et s'éteint une fois celui-ci écoulé ; les
dernières, définitives, se conservent alors pour toute la vie. Mais nous serions
frappés si cette fille, étant femme et mère, pleurait sur une babiole abîmée.
C'est pourtant ainsi que se conduisent les névrosés. Dans leur appareil
animique, toutes les instances visant à la maîtrise des stimuli à l'intérieur de
vastes frontières sont depuis longtemps mises en forme, ils sont suffisamment
adultes pour satisfaire eux-mêmes la plupart de leurs besoins, ils savent depuis
longtemps que la castration n'est plus pratiquée en tant que punition et
pourtant ils se conduisent comme si les anciennes situations de danger
subsistaient encore, ils restent attachés à toutes les conditions d'angoisse
antérieures.
Auteur Sigmund Freud
Site mis en ligne le 11/09/2003
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