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Les Chiens meilleurs ennemis de l'Homme ?
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Chiens, à chacun son caractère
Pour les professionnels de l'éducation canine, c'est en fonction du caractère du chien qu'il faut le former à la vie en société et
le préparer aux multiples situations qu'il rencontrera au quotidien. Cela vaut pour les chiens de gendarmerie, « pros » des situations extrêmes.
Selon ceux dont le
métier est de les éduquer, chaque chien est un individu avec son histoire, sa morphologie et ses réactions. Aucun n'est « méchant » a priori et la médiatisation dont font l'objet les
rottweilers classés catégorie 2 par la loi de 1999 les exaspère.
« Cela devient insupportable pour les propriétaires, explique Nadia Clément*, éducatrice pour chiens au club de Colmar. On les regarde comme s'ils
promenaient un arme au bout de la laisse ! » Nadia éduque tous les chiens et c'est en souriant qu'elle raconte n'avoir été mordue - sans qu'il ait fallu recoudre ! - que par
deux petits pinschers élevés « comme des bébés » par des personnes âgées. Elle a un grand rottweiler à qui elle doit parler doucement et un jack russel qui « saute sur les grands
chiens comme il le ferait sur un enfant ou sur un jogger » et qu'il faut canaliser avec plus de fermeté.
Une école pour chiots à Bischheim
Chaque animal est à éduquer selon son caractère,
d'après Nadia, qui a l'habitude d'organiser des sorties de chiens avec leur maître en ville afin de confronter les uns et les autres à un maximum de situations différentes et leur donner les bons
réflexes. Gérard Suplon**, éducateur à Bischheim, travaille exclusivement au Club canin où deux disciplines sont
enseignées : l'obéissance et l'agility. Formateur dans la première, Gérard enseigne le mercredi soir et le dimanche matin. Des séances de 20 minutes.
« Un premier niveau correspond à l'obéissance simple, explique-t-il : assis, couché et la marche au pied. On peut aller plus loin et former le chien à rapporter, développer son
odorat, lui enseigner la haie etc. En quatre mois, on a déjà des résultats. » Il insiste également sur l'école des chiots,
mise en place au club et qu'il qualifie « d'école de la vie ».
Franck Bernard*** est, quant à lui, maître-chien du groupe d'investigation Cyno de la gendarmerie nationale de Haguenau, spécialisé dans la recherche de
personnes, la défense et les stupéfiants. « Après une phase de dressage, nos chiens - des malinois, un berger allemand et un golden retriever - reçoivent un enseignement continu avec
une règle d'or : un maître, un chien. Les chiens sont sélectionnés entre l'âge de 1 et 3 ans en fonction de leurs aptitudes. »
« Un chien joueur est une priorité pour la recherche, explique Franck, car le dressage se fera sur la base du jeu et que l'animal apprendra à rechercher son jouet auquel ont associe les
différentes odeurs liées aux stupéfiants, explosifs etc. »
Pour les chiens d'assaut ou de défense, pas question de sélectionner des individus agressifs qui risquent de se déclencher de manière imprévisible. « Il faut que le chien ait une grande
force mentale et qu'il ne réagisse qu'au commandement ou à l'agression du maître, explique Franck. Nous les familiarisons avec une multitude de situations : contacts avec des cyclistes, des
individus en groupe, l'eau, l'hélicoptère etc. » Les trois dresseurs se rejoignent pour dire qu'il faut acquérir un chien pour de bonnes raisons, savoir qu'il a des crocs et l'éduquer pour qu'il
reste le meilleur ami de l'homme et de ses semblables.
Véronique Leblanc DNA Édition du Lun 26 nov. 2007
* En formation de comportementaliste au sein de shadow
conseils
** "Vieux" cynophile et éducateur
canin
*** Intervenant et consultant au sein de shadow
conseils
Site mis en ligne le 11/09/2003
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