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Réflexion Sur Les Chiens Agressifs |
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RÉFLEXION SUR LES CHIENS AGRESSIFS.En 1996 on a dénombré 350 000 morsures de chien (1). 80% des victimes étaient des membres de la famille. Nos chiens seraient ils en train de dégénérer ou de régresser et de retourner à la vie sauvage ? K.LORENZ se serait-il trompé sur le compte des chiens ? Lui qui évoque sa chienne Tito, en ces termes : " Lorsque, le long des bords tranquilles d'un fleuve, sur les routes poussiéreuse ou dans les rues d'une ville, elle suit chacun de mes pas, mobilisant tous ses sens pour ne pas me perdre, alors elle est tous les chiens, cette incommensurable somme d'amour et de fidélité que représente tous les chiens qui ont suivi leur maître,, depuis qu'un chacal a commencé à le faire."(2)
Un début de réponses à ces interrogations
nous est peut-être fourni par Boris CYRULNIK(3) : "Depuis qu'en
Occident nous les prenons pour des oeuvres d'Art vivantes, chargées de
stimuler notre affectivité, il vivent comme des patachons et nous
mordent de plus en plus parce qu'ils se considèrent comme nous dominant.
Dans les civilisations qui se les représentent comme fouilleurs
d'ordures, ils sont tellement méprisés qu'ils se sentent dominés. Là,
ils mettent la queue entre leurs pattes, baissent les oreilles et
évitent les hommes."(4) Ces comportements agressifs des chiens ne sont pas systématiquement synonymes de maîtres agressifs ou de chiens méchants. Ce nombre dramatiquement élevé de morsures est certes composé de morsures de chiens dressés à l'attaque ou faites par des chiens malades, mais, malheureusement, en additionnant celles-ci nous sommes loin du compte. Le nombre restant, trouve son explication dans notre manière de considérer les chiens et est, pour beaucoup d'entre nous, plutôt dérangeante. En cette fin de siècle, l'anthropomorphisme(5) est roi. Un chien n'est pas programmé pour être traité comme un humain alors, malheureusement, quand il ne trouve plus ou pas une hiérarchie claire qui lui est indispensable pour être bien dans ses poils, il se charge de la mettre en place. Le résultat de cette opération est que le chien prend la direction du clan familial et gare aux conséquences s'il y a crime de lèse-majesté. Combien parmi nous habitent chez leur chien ? Il faut être conscient qu'un chien est un animal social fait pour vivre en "meute". Le traiter en enfant gâté ou en bébé c'est l'inviter à prendre la direction des opérations et ainsi s'exposer à de grosses déceptions. Car lui ne vous considérera et ne vous traitera pas comme étant son maître mais comme étant un de ses sujets. Et il utilisera les codes et les comportements de son espèce pour diriger et éventuellement remettre de l'ordre parmi ses sujets. Cela peut aller de la menace du regard, des grognements et jusqu'à la morsure si la menace ne suffit pas. Un excès d'amour ou une trop grande permissivité du maître pour son chien peuvent engendrer un comportement agressif chez ce dernier. Je le constate malheureusement très souvent lors de mes entretiens avec les propriétaires de chien à "problèmes". En fait le seul problème qu'a le chien, au risque de vous choquer, c'est d'avoir un maître qui n'assume pas son rôle de "chef de meute". Être propriétaire d'un chien ne confère pas automatiquement le rang de chef de meute !
Il est grand temps de réapprendre à
traiter les chiens en chien, je dis bien en chien et non comme un chien.
C'est-à-dire lui apporter la chaleur et la sécurité si équilibrante
d'une hiérarchie claire et bien établie. Si tel est le cas vous
découvrirez et vivrez une relation qui sera bien plus intense et
merveilleuse que celle que vous aviez avec votre compagnon chien-homme.
Jean-Marc Graff, Comportementaliste spécialisé dans la relation Homme / Animal. Article paru dans le journal de la SPA Strasbourg 1997
(1) Statistiques des
compagnies d'assurance
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