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Un pitbull nommé Himmler Réflexions sur les chiens agressifs Races et comportement
La peur Il ne leur manque que la parole La maltraitance par amour
Les morsures sur enfants La relation Homme / Chien Tous les chiens peuvent mordre

RACE ET COMPORTEMENT

  • Les attitudes anthropomorphiques : considérer que le chien fonctionne comme un être humain, qu'il a les mêmes valeurs, les mêmes attentes que nous, est la cause fréquente de comportements sociaux inadéquats. Par nos attitudes anthropomorphiques, nous invitons littéralement le chien à prendre la tête de la famille, à maîtriser la relation Homme / chien. Et  il se conduira tout naturellement en véritable chef de clan, avec ce que cela comporte comme menaces, grognements voire morsures en cas de désobéissance. Prenez ce même chien, offrez lui le même cadre de vie mais en lui faisant vivre une relation Homme / chien où il est traité en chien (à ne pas confondre avec, "comme un chien")  et bien hiérarchisé. Ce même chien se révélera un compagnon calme, agréable pour son entourage.

Les attitudes incohérentes : ces attitudes sont souvent les corollaires des précédentes. Dans cette relation Homme / "Chien humanisé" les projections sur le chien vont être multiples. D'où :

  • Incohérences familiales :Chaque membre de la famille va avoir des attentes propres face au chien, pour l'un le chien sera l'enfant qui a quitté le foyer, pour l'autre le protecteur intrépide de la famille..etc... Un Homme peut s'adapter à la psychologie de ses proches, pour un chien cette adaptation est quasiment impossible car ne l'oublions pas ; le chien, même domestiqué, vit dans son monde de chien, avec les codes qui lui sont propres. Alors, quand il ne comprend plus clairement sa place, c'est sa hiérarchie qu'il met en place, avec ce que cela peut comporter comme surprises pour l'entourage ("je ne reconnais plus mon chien !).

  • Incohérence des interdits : Nous constatons souvent que chaque membre du clan familial a des interdits spécifiques, découlant de ses attentes : pour l'un l'accès au lit sera autorisé (signe de soumission), pour un autre membre l'accès en sera interdit (signal de dominance), par contre ce dernier acceptera, voire provoquera le partage de  la nourriture à table (signal de soumission).etc... Ces interdits variables, d'un membre du clan à l'autre ou chez le même individu mais en fonction de son humeur? sont très souvent à l'origine de comportements déroutants pour les propriétaires.

La conséquence de ces incohérences est la mise en place d'une hiérarchie peu claire pour le chien, car on lui envoie tantôt des signes de soumission, tantôt des signes de dominance. Une telle relation oblige le chien a fonctionner sur deux modes différents et surtout opposés, d'où mise en place, très souvent, de son propre système de fonctionnement. Et ce dernier sera cohérent, il imposera les lois canines, avec tout ce que cela peut avoir de déconcertant et d'inquiétant pour les humains.

L'ampleur des comportements inadéquats, la rapidité de leurs apparitions vont dépendre elles du caractère du chien (comme chez l'homme, il y autant d'expression de tempérament que d'hommes). Comme chez l'humain, il existe des chiens, timorés, courageux, impulsifs, soumis..... Ces traits se déclinent au sein de chaque race et sont souvent renforcés, chez les chiots, par les humains.

C'est en ce sens qu'éduquer ou plutôt façonner un chiot et ainsi s'éduquer soi-même est une aventure délicate. Dorlotez-le comme un bébé, couvez-le, et vous aurez un chien qui risque fort d'être couard et donc potentiellement dangereux une fois adulte. Cédez à ses caprices, acceptez-les, et vous aurez de forte chance d'avoir un chien qui se prendra, une fois adulte, pour le chef et, en conséquence, sera incontrôlable et potentiellement dangereux.

En conclusion, dans le projet de loi raciste, visant les chiens dangereux et contre lequel on ne peut que s'élever, il y a une phrase que personne ne cite, à tort,  et qui constitue la meilleure conclusion possible :

"Il est possible de faire de tout chien un animal dangereux, soit inconsciemment, par incohérence dans le mode de vie ou des ordres donnés, soit consciemment par conditionnement et ce en une quinzaine de jour."
                                                                                                  Rapport Sarre, chapitre II, Définition du chien dangereux

Malgré cela dans la nuit du 22 au 23 décembre 1998 cette loi raciste a été votée. Dans 10 ans les Pitbulls auront disparu, puisque la stérilisation est obligatoire pour les sujets vivant sur notre territoire, la reproduction interdite ainsi que l'importation. Ces mesures nous laissent songeurs et nous amènent à poser les questions suivantes :

  1. Si le Pitbull est si dangereux potentiellement pourquoi laisser perdurer pendant 10 ans le risque potentiel de morsures graves sur les humains ? Nos élus auraient-ils fait preuve d'irresponsabilité permettant cette survie de 10 ans ?

  2. Cette survie accordée aux Pitbulls n'est-elle pas plutôt la reconnaissance implicite de la dangerosité des propriétaires et de l'usage qu'ils en font ? Alors pourquoi nos élus n'ont-ils pas pris des mesures pour traiter, éliminer le problème par le bon coté de la laisse ?

  3. Comment cette loi interdira-t-elle à ces mêmes individus d'acquérir des chiens certes moins impressionnants et de pouvoir en faire le même usage (un Labrador rendu agressif peut occasionner de belles et douloureuses morsure) ?

Le problème est social et supprimer telle ou telle race ou croisement de chien ne fera pas, hélas, disparaître l'inadaptation sociale et la violence qu'elle génère. Mais réfléchir sur nos valeurs, notre société et les mesures correctives à adopter coûteraient sûrement beaucoup plus - en termes d'investissement humain et financier - que celles qui ont été votées. (Au fait la stérilisation des pitbulls se fera-t-elle aux frais de l'état Français ?)

Lors de la même session, ces mêmes élus ont voté une loi réglementant la vente des fusils à pompe, car arme préférée des délinquants de banlieue. Ce n'est pas la fabrication de fusils à pompe qui a été interdite, un permis de détention a été instauré !

Jean-Marc Graff, Président de l'Association "Cave Canem" 24/12/98 paru dans le bulletin Cyno-logique

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